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Prendre le train de la révolution numérique en Afrique

février 1, 2021

Par Perrine Larsimont, journaliste-recherchiste, CERIUM

 

Le Forum économique international des Amériques organisait sa 24e Conférence de Montréal à l’hôtel Bonaventure du 11 au 13 juin derniers. Au cours d’une journée consacrée à l’innovation, le Cercle des jeunes leaders a réuni un panel d’acteurs du monde politique et de la société civile sur le thème de la révolution numérique en Afrique. Alors que la téléphonie cellulaire comptera pour 10% du PIB africain d’ici 2020, trois leaders dans le domaine de l’éducation et de la coopération ont échangé avec Gracia Kasoki Katahwa sur le défi que représente la numérisation d’une Afrique en développement mais à la croissance forte.

 

Partager les savoirs

Originaire du Cameroun, la commissaire de l’Union Africaine (UA) chargée des ressources humaines, de la science et de la technologie a ouvert l’échange sur l’importance des investissements extérieurs dans le développement numérique du continent.

Sarah Anyang Agbor a rappelé les nombreux partenariats, africains et étrangers, qui se nouent avec l’UA. Outre des liens de sponsoring, l’organisation a établi des collaborations interuniversitaires, notamment des programmes d’échanges étudiant permettant le partage des savoirs. « La Science et la technologie sont essentielles dans un continent où l’on meurt facilement de la malaria », dit-elle, appelant à autonomiser la jeunesse dans ce secteur de connaissances.

Et de souligner le rôle de la diaspora dans la transition africaine vers l’économie numérique : « la sixième région d’Afrique » est perçue comme un soutien pouvant faciliter les connexions professionnelles au-delà de l’Atlantique et de l’océan Indien.

 

Oser l’Afrique

« N’ayez pas peur de l’Afrique, elle ne vous mordra pas ! », lance à l’assemblée Unity Dow, alors Ministre de l’infrastructure et du développement du logement au Botswana – elle est, depuis, rentrée au Ministère des Affaires internationales et de la Coopération.

Pour compléter l’intervention de sa co-conférencière, la politicienne appelle à ne pas négliger les collaborations « business to business », en plus du recours aux aides extérieures. Une pierre d’achoppement pour certains membres de l’assemblée, rétifs à faire affaire sur le continent africain en raison de son inertie bureaucratique. Dow, comme son gouvernement, reconnaît la nécessité d’encadrer le développement des technologies ainsi que celle de neutraliser une corruption endémique qui ralentit le progrès. Sans s’arrêter sur ce qui est entrepris en ce sens, la ministre met en avant les atouts africains : une large diffusion de l’anglais et une grande quantité de ressources et d’espace, offrant un champ d’investissement important aux entrepreneurs. « Embrace it and come », l’appel est lancé.

 

Soutenir les acteurs locaux

Le WISE, une des initiatives principales de la Fondation du Qatar, est une plate-forme multidisciplinaire qui prône l’innovation comme outil de développement éducatif. C’est aussi un sommet annuel considéré comme le Davos de l’éducation. Son directeur et 3ème intervenant de la session, Stavros N. Yiannouka, a plaidé en faveur d’un travail collaboratif avec les systèmes et acteurs locaux, préférablement aux solutions mises en place de l’extérieur. Il évoque les bienfaits d’initiatives privées et peu couteuses pour engager la population dans l’éducation. « 50% de la croissance africaine vient du continent même », affirme-t-il, comparant l’éducation de la jeunesse africaine à l’éducation du monde en devenir.

On retiendra cet exemple kenyan de librairie numérique. Une connexion au réseau 2G dans une zone délimitée du pays a permis de mettre sur pied un système d’emprunt de livres – par chapitre et à prix mini – pour les étudiants des environs.

 

Alors que La 2G est en phase de disparaître au Canada au profit des réseaux de 3ème et 4ème génération, cette initiative illustre la longueur du chemin à parcourir mais aussi la facilité des mesures à entreprendre pour confirmer l’Afrique dans sa révolution numérique.

 

***

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